Bilan des convergences entreprises et tiers-lieux
Les bilans de convergence Entreprises/Tiers-Lieux que l’on peut réaliser sur l’ensemble des tiers-lieux français restent pauvres même si l’on observe quelques situations qui illustrent les préoccupations des entreprises. On peut distinguer aisément trois types d’entreprises (l’entreprise individuelle ou très petite, de moins de 5 salariés, la PME jusqu’à 200 salariés, et, la grande entreprise) avec un faible intérêt des deux derniers types. (1)
Limites aux convergences d’intérêts et de besoins
Le fait majeur, non systématique quand on considère d’autres pays, est la méconnaissance mutuelle entre les entreprises et les tiers lieux qui limite les éventuelles convergences (2) :
– Méconnaissance des potentialités du numérique,
– Tension entre le présentiel et le télétravail tel qu’il est appréhendé par les « grandes » entreprises : rien n’existerait entre travail dans les locaux de l’entreprise et télétravail au domicile du salarié,
– Méfiance et mauvaise image pour certaines entreprises des espaces de coworking en tiers-lieux,
– Préférence d’arguments de confidentialité par rapport à ceux de convivialité,
– Ignorance des activités potentielles des tiers lieux par rapport à la « fixation » télétravail.
Vers des tiers-lieux productifs locaux
Pourtant l’apport des entreprises aux territoires est une évidence et, reconnue par de nombreux travaux (3). Elles sont des acteurs importants dans le processus de densification des territoires : l’activité économique contribue fortement au dynamisme et aux modes de vie. Mais, les interactions entre dynamique productive des entreprises et vie locale, ne sont pas suffisamment appréhendées par tous les acteurs qui construisent le territoire.
Dynamiques d’interaction et d’innovation
On oublie aisément que l’innovation est majoritairement le résultat d’interactions (4). Les tiers lieux en sont une illustration dont il faut valoriser les résultats. Des entreprises « individuelles » ou très petites échangent leurs compétences et proposent des « produits » qui n’auraient pas été possibles auparavant et certains constituent de réelles innovations. Cela peut se développer en milieu rural, casser l’isolement de pratiques professionnelles, faire bénéficier chacun de tous les autres profils.
Concernant les petites structures, on connaît le gain potentiel à la rencontre et à l’échange. Il existe certes des centres techniques par branche. L’idée est de favoriser des démarches interbranches par ces rencontres, avec développements de partage de compétences, de partage d’espaces et de partage d’équipements. Les tiers lieux peuvent initier et/ou faciliter ces dynamiques avec en outre, le rôle social et convivial qu’ils créent.
Les grandes entreprises appartiennent à un autre monde avec leurs réseaux d’innovation et l’internalisation de Fab Labs. Les collaborations entre elles sont très contractuelles, mais leurs groupes de réflexion et anticipation constituent des pistes prometteuses qui doivent être explorées.
Liens, ressources et références :
(1) L’éventuelle convergence entreprise et tiers-lieu
(2) Les limites à la convergence
(3) L’apport des entreprises aux territoires
(4) Tiers-lieux et innovation
Les questions posées ci-dessus correspondent à l’un des axes de réflexion-action de l’Alliance.
Les personnes intéressées peuvent se manifester en utilisant sur ce site le canal « Comment participer ? »